Comment j’ai fait pour… développer un système d’éclairage intelligent

Voici l´article de Martine DEBETTE, publié dans l´hebdomadaire les « Nouvelles Publications » dans la rubrique Economie le

Ancien chercheur, Guillaume Bonello a changé de vie pour créer la start-up LED’s Chat. La société qu’il préside a développé des dalles LED connectées contenant une intelligence embarquée pour dialoguer entre elles de façon autonome, permettant ainsi la réalisation de toutes sortes de scénarios lumineux.

« Etant un ancien chercheur, j’ai eu envie de créer une start-up valorisant une technologie de la recherche publique et de prouver qu’on pouvait monter un business rentable. Il me semblait qu’il n’y avait pas assez de start-up essaimées par des laboratoires de recherche qui sont pourtant de très bonne qualité à Marseille. Donc, le meilleur moyen de remédier à ça, c’était d’en créer une, Led’s Chat. Parmi les chercheurs de mon entourage ayant des brevets, j’ai choisi de me lancer avec Peter Niebert, inventeur de la technologie brevetée et enseignant chercheur associé avec le statut concours scientifique*. En 2013, dans le cadre de Marseille-Provence capitale européenne de la culture, nous avions exposé des tableaux lumineux interactifs. Des architectes, des spécialistes, des artistes nous ont dit que le concept était original, intéressant. A l’époque, le marché de l’éclairage avec les LED était en plein développement. On s’est dit qu’il y avait quelque chose à faire avec cette brique logicielle pour rendre les luminaires intelligents. Le brevet porte sur un système qui permet de piloter, de contrôler les diodes électroluminescentes en éclairage. Alors, en 2014, nous avons sondé le marché de l’éclairage classique qui n’était pas encore à maturation pour adopter la technologie. Nous avons donc développé l’extension des dalles lumineuses de A à Z : carte électronique, pièces plastique en plasturgie, puis tout le process. Nous avons réalisé plusieurs prototypes, fait des démonstrations avec des partenaires tels que Vinci Autoroute et Eurovia qui y voyaient des enjeux potentiels dans la signalétique, tout en visant aussi la décoration.

Pour développer le produit, il fallait des financements, ce qui nous a pris beaucoup de temps. Nous sommes passés par pratiquement tous les systèmes ! La SATT Sud-Est, l’agence de valorisation de l’Université d’Aix-Marseille, nous a beaucoup aidés pour le premier prototype. Ensuite, nous avons travaillé avec l’incubateur Impulse, nous avons obtenu des prêts d’honneur du Crédit Agricole, un prêt d’aide au développement de l’innovation de Bpifrance, et l’an dernier, nous avons recapitalisé près de 100 000€ avec ce qu’on appelle la love money. Ce qui nous a permis de décrocher des prêts bancaires et un prêt participatif Paca Emergence pour survivre et de nous développer.

En 2019, place au lancement commercial. Le produit est prêt, industrialisé. Nous avons fait plusieurs salons, recueillant des marques d’intérêt. Maintenant, nous sommes vraiment dans la construction du développement commercial : communication pour faire connaître le produit et ensuite trouver nos canaux, affiner l’offre afin qu’elle corresponde ou génère des besoins. Nous ciblons le marché de l’aménagement intérieur à travers de la prescription (architectes, décorateurs, concepteurs de lumière) et les clients directs, les gestionnaires de lieux tels que musées, pôles d’accueil d’entreprises, coworking… et les salons professionnels. Ensuite, on travaillera peut-être sur des réseaux de distribution ».

* Le statut concours scientifique permet à un chercheur de participer à la création d’une start-up et de donner une partie de son temps en développement de celle-ci.

En bref

  • Création en avril 2015 à Marseille ;
  • SAS au capital de 33 333€ ;
  • Quatre associés fondateurs et deux associés institutionnels (SATT-Sud Est et l’accélérateur PFactory) ;
  • Deux brevets en licence et un en propre, au nom de l’entreprise ;
  • Lauréat du concours I-Lab en 2015 2.06.52 (concours national d’aide à la création d’entreprises de technologies innovantes du ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation) ;
  • Lauréat du réseau Entreprendre.